dimanche 20 janvier 2019

Très importante lettre de Jean-Marie Andrès, président des Associations familiales catholiques (AFC), que nous vous transmettons bien volontiers.


Pour trouver le site et apporter votre contribution à partir du 21 janvier:

https://granddebat.fr/



16 janvier 2018




Chers Présidents d'AFC ou de fédérations d'AFC,
 

Notre Mouvement ne peut rester indifférent à la crise sociale que traverse aujourd'hui la France.

Si elle est porteuse de menaces, de violences et de division que nous devons nous efforcer d'apaiser, elle révèle aussi beaucoup de drames de notre société que nous dénonçons sans toujours parvenir à être entendus : la solitude, l'exclusion, l'absence de considération et de respect mutuel, la primauté de l'avoir, désespérante pour ceux dont les revenus ne leur permettent pas de suivre  les injonctions des marchands…

Il est clair que la famille, quand elle est stable, est le meilleur remède à ce mal-être et à cette  désespérance.

Aujourd'hui nous devons le réaffirmer avec force et utiliser tous les canaux disponibles pour nous exprimer.

L'ouverture de cahiers de doléances auprès des mairies et du Grand débat national présente de nouvelles opportunités que nous ne pouvons pas négliger.

Je vous demande donc d'inviter vos adhérents à s'exprimer sur ces cahiers de doléances et sur le site qui sera ouvert dans le cadre du grand débat national, pour demander notamment, autour des 4 axes retenus :

- La reconnaissance de l'importance de la famille stable comme ciment de la cohésion de notre société,
- La nécessité d'une politique familiale ambitieuse pour aider les familles et leur montrer la reconnaissance de la Nation pour leur mission éducative auprès de leurs enfants,
- La prise en compte des besoins des familles en matière de logement,
- Une politique fiscale répartissant les impôts entre tous " en raison de leurs facultés " (Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789) et donc prenant en compte les charges de famille,
- La mise en place d'aides aux familles pour la garde de leurs jeunes enfants afin de favoriser la conciliation vie familiale / vie professionnelle en respectant le choix des familles,
- La reconnaissance, dans la réforme des retraites, du service rendu à la société par les parents ayant élevé des enfants et spécialement une famille nombreuse, pour maintenir la population française et assurer l'équilibre des régimes de retraite,
- Le maintien dans le temps d'une politique familiale ambitieuse et stable donnant confiance aux parents,

Mais, puisqu'aucun sujet n'est interdit, et dans la mesure où il s'agit de favoriser la stabilité de la famille, je vous invite aussi à demander à nouveau :

- La stabilité du droit de la famille permettant à chacun de connaître ses origines et l'application du principe de précaution avant d'adopter des législations de circonstances mettant en péril les repères familiaux,
- un bilan des évolutions législatives sur l'avortement et la restauration du délai de réflexion.
- La prise en compte de l'IVG comme d'un problème de santé publique et développer des études sur les facteurs de risque pour mettre en place une politique de prévention de ces facteurs (déscolarisation, sous-information sexuelle, précarité affective et psychique, etc.)
- L'éducation des jeunes en matière affective, relationnelle et sexuelle en appliquant la loi de 2001 et, aussi, éduquer sur le sens de la vie de son début (notamment sur le développement de l'embryon) jusqu'à sa fin ;
- La restauration du régime d'interdiction de principe pour la recherche sur l'embryon, assorti de dérogations ;
- La promotion d'un programme ambitieux pour le développement des soins palliatifs ;
- L'abrogation de la loi Taubira ayant ouvert le mariage et l'adoption aux couples de même sexe, dont les conséquences prévisibles seraient la " fabrication " ou la marchandisation d'enfants privés de père ou de mère, avec les risques eugéniques associés ;
- La promotion des NaProTechnologies, en tant que méthode de restauration de la fertilité du couple et en tant qu'alternative, crédible, à la FIV (Fécondation in vitro), et, aussi, à la contraception artificielle.

Je n'espère pas que ces cahiers et ces débats règlent tous les problèmes, ni que notre voix sera nécessairement prise en compte, mais je suis sûr que nous pourrions le regretter si nous ne répondions pas présents.

Avec tous mes remerciements,

Jean-Marie Andrès

dimanche 13 janvier 2019

Tout ce qui va sans dire, va encore mieux en le disant...



 
A condition que l'on choisisse de l'aimer et d'y consacrer tout le temps qui lui est nécessaire, la famille est, et reste le lieu où chaque membre du couple et chacun des enfants peut et doit trouver la chaleur, l'amour, l'aide, le respect et la tendresse dont tout homme et toute femme a besoin.

On n'a rien trouvé de mieux, depuis la nuit des temps.
C'est tout simple et c'est si vrai qu'on a tendance à l'oublier.

Ce qui n'est pas simple par contre, c'est qu'il faut le vouloir parce qu'aimer demande du temps et de l'énergie et qu'aujourd'hui prendre le temps d'aimer sa famille, autant que notre responsabilité de conjoint et de parent le demande, est le plus souvent en complète opposition avec les préoccupations de ceux qui nous gouvernent ou font la pluie et le beau temps des médias.

La mode n'est pas pour la famille unie et qui dure, la lutte contre la solitude, si.

Brigitte Jacquelin

2019


Bonne Année 2019

à vous tous

et à vos familles!

 

mercredi 3 mai 2017

Avant le 2nd tour de la présidentielle... un sujet moins conflictuel, même si il a son importance!

La question magique qui stoppe net le caprice d’un enfant


Pixabay

Fabiana Santos, Portugaise et mère de deux enfants, a expérimenté une méthode d'une efficacité avérée pour mettre fin, sans délai, aux colères enfantines et ramener la paix dans la famille. Explications.

« Je n’ai pas lu tous les livres de psychologie infantile et je n’ai pas non plus suivi toutes les formations pour apprendre à éviter les colères des enfants. Pourtant, forte d’une expérience personnelle avec ma fille de 5 ans, je souhaite vous faire part d’une méthode que j’ai récemment découverte. Elle pourrait vous servir grandement quand vos enfants semblent éprouver un malin plaisir à faire un drame pour n’importe quelle raison.
Les faits, tout d’abord. Quand ma fille a commencé à aller à la crèche, elle est devenue très angoissée. Haute comme trois pommes, elle nous menaçait néanmoins de ne rien nous raconter sur ce qui se passait à la garderie. Son comportement, à la maison, est devenu incontrôlable. Toutes les occasions étaient bonnes pour faire une scène, même dans les moments les plus anodins.
La crèche nous a alors encouragé à solliciter l’assistance d’un psychologue infantile, pour quelques séances. Il était important qu’Alice puisse s’épancher afin d’apaiser la situation. Nous avons donc pris rendez-vous et la personnes qui nous a reçus, Sally Neuberger, nous a fourni un conseil aussi simple qu’excellent.
La psychologue nous a expliqué qu’il fallait faire en sorte que l’enfant se sente respecté, en accordant de la valeur à ce qu’il pouvait ressentir. En effet, à partir de l’âge de 5 ans, l’enfant a besoin d’être écouté pendant ses crises, quel qu’en soit le motif, et il a besoin de réfléchir, de trouver la réponse à ce qui lui arrive.
L’inclure dans la résolution du problème, accorder de l’attention à ses préoccupations, constituent les éléments clés pour désamorcer la situation.
Ainsi, concrètement, lors d’un accès de colère – parce que c’est l’heure du coucher, parce qu’il ne veut pas aller faire ses devoirs… – quel que soit le motif, il faut poser la question suivante à l’enfant, en le regardant dans les yeux et d’une voix apaisée : « Est-ce que c’est un grand, un moyen ou un petit problème ? »
L’effet est littéralement magique. Chaque fois que je lui pose cette question, ma fille me répond. En sondant son ressenti, elle parvient à trouver une solution au problème.
Un petit problème sera facilement résolu. Le problème moyen ne sera probablement pas résolu dans l’immédiat : l’enfant comprendra que, certaines choses, demandent des efforts particuliers et du temps. Si un problème est grave – les choses graves pour un enfant ne doivent pas être dédaignées ou survolées par les adultes – cela demandera sûrement un échange approfondi et une attention plus aiguë afin que l’enfant puisse comprendre qu’il y a des choses qui ne peuvent être exactement comme on les souhaite.
Je pourrais citer de nombreux exemples pour vous montrer de quelle manière j’applique cette méthode. Je me contenterais d’un cas récent : juste au moment de se préparer pour aller à l’école. Ma fille me fait souvent des scènes pour choisir sa tenue. Elle veut porter son pantalon préféré, alors qu’il est à la machine. Elle fond en larmes et je reste ferme : « Alice, est-ce qu’il s’agit d’un problème grand, moyen ou petit ? » Toute penaude, elle me regarde et chuchote : « Petit ». Je peux donc alors lui expliquer en quoi ce problème était effectivement petit, et donc facile à régler.
Je lui demande quelle solution nous pouvons trouver à ce petit souci (il est important de lui laisser le temps pour qu’elle réfléchisse et trouve une réponse). Elle me répond : « En choisissant un autre pantalon ». J’ajoute : « Et n’aurais-tu pas d’autres pantalons à choisir? ». Elle me sourit et part chercher un autre pantalon.
Fabiana Santos est journaliste et la maman de Felipe, 11 ans, et d’Alice, 5 ans. Ils vivent à Washington DC. Les réponses aux « petits problèmes«  sont désormais courantes, maintenant, Alice parvient même à rire de ses propres caprices. Elle est parvenue, à quelques reprises, à reconnaître sincèrement : "Maman, je crois que ceci n’est même pas un problème".
Elle contribue régulièrement au blog TSMMSi vous souhaitez découvrir ses contributions, en portugais : Tudo sobre minha mae

mercredi 12 avril 2017

Mère de famille : un diplôme hautement qualifié !





Le travail d’équipe, l’accompagnement du changement, la négociation, la prise de décision… Les mères de famille sont rompues aux techniques du management. Alors, "Maman", une chef d'entreprise comme une autre? Oui ! La preuve en 6 points.

« Les écoles de commerces peuvent enseigner des compétences professionnelles, elles ne peuvent rivaliser avec l’expérience des Mères, acquise dans un environnement familial. » C’est le message clair que Jaime Noguera Tejedor, consultant et coach espagnol, transmet dans son livre dont le titre pourrait être traduit par : Soyez simplement humble. Un guide avec 22 suggestions pour le monde du travail et les interactions sociales. Et c’est bien vrai : la famille est la meilleure des écoles. Et quiconque dirige une famille décroche quotidiennement un nouveau diplôme. Comme le dit Tejedor,  » à la maison, vous est offerte l’expérience digne d’un master.  » Voici ce que l’on y apprend.

1. Diriger une équipe

« Qui peut s’imaginer qu’une famille, composée de plusieurs enfants, ne connaisse pas le travail d’équipe ?  » demande Jaime Noguera Tejedor. « Nous devons identifier les forces de chaque membre, pour qu’il exécute les tâches pour lesquelles il est le plus doué. » Et qui d’autre qu’une mère sait précisément à qui confier la responsabilité de telle ou telle tâche ménagère ? Les mamans sont de grands manageurs ! Avec douceur et précision, elles savent mieux que quiconque qui peut, au mieux, chez elles, faire chaque tâche pour que l’entreprise familiale fonctionne. Cela ne fait aucun doute : c’est bien vous, mères de famille, qui dirigez cette équipe d’une main de maître. Vous avez commencé votre cursus pour devenir un excellent coach familial le jour où vous avez vu, pour la première fois, votre premier-né.

2. Communiquer et fixer des objectifs

« Est-il possible d’obtenir d’une équipe, du travail de qualité sans échanger ?  » Parler, communiquer, s’exprimer, c’est l’un des secrets de la réussite d’une famille et d’une entreprise. Que ce soit en tête-à-tête ou en groupe, la santé d’une famille, comme celle d’une carrière professionnelle, se retrouve renforcée quand la communication se voit donnée une place centrale.

Vous êtes, en tant que mères, celles qui savent le mieux comment amorcer ces importantes discussions familiales. Celles qui se tiennent au chevet d’une fille quand elle a du chagrin, pour parler. Celles qui, à table, lancent le sujet de conversation qui permettra au reste de la famille de profiter d’un moment d’échange en groupe.

3. Prendre des décisions

« Si une famille n’évolue pas, elle ne gagne pas en maturité. Celui qui n’avance pas régresse. Il se retrouve coincé dans le passé. N’envisager les choses que de votre point de vue vous prive de nouvelles perspectives. C’est pourquoi il est nécessaire de constamment s’adapter aux nouvelles circonstances, sans perdre de vue les essentiels : ses valeurs et sa culture. »

Les mères sont des femmes qui prennent des décisions. Ce sont des cadres exécutifs aux larges horizons ! Elles savent différencier les projets bénéfiques pour la famille de ceux qui sont impossibles à accomplir. Les mères posent sur le monde un regard réaliste, à travers le prisme des circonstances familiales, et elles ne cessent jamais d’innover, de créer et de grandir. Elles n’ont en général peur ni du changement ni d’un investissement. Elles savent qu’elles disposent du meilleur capital qui existe,  le capital humain. Les mères de famille en sont  le meilleur investissement.

4. Négocier

« Tout le monde le comprendra. Dressez la liste de tout ce qui est sujet à négociation chez vous (ou pour faire plus court, tout ce qui ne l’est pas). Personne d’autre que les mamans ne sait aussi bien comment gérer un conflit d’intérêts avec ses « partenaires commerciaux » de tout âge, c’est-à-dire les enfants.  » Les mères de famille savent exactement comment et à quelle occasion leur donner des douceurs, décider de l’heure à laquelle ils doivent être rentrés à la maison et distribuer les dépenses de manière à satisfaire les intérêts de tous les membres de leur famille, qu’elles dirigent avec leur mari.

Cependant, personne ne peut le nier, il y a tout de même une chose inexplicable : pourquoi les mères ne gardent elles jamais rien pour elles ? Pourquoi sont elles toujours les dernières à en profiter ? Pourquoi, quand il s’agit de partager les gains, ne prennent-elles  jamais leur part ?

5. Déléguer

“Tu es le plus jeune de ta famille, n’est-ce pas ? Ça se voit : tu es en avance pour ton âge.” C’est une remarque courante dans les familles nombreuses et c’est normal : les cadets apprennent grâce aux aînés. Dans le monde du travail, ça s’appelle déléguer. Montrez aux aînés, et vous avez déjà fait le plus gros : ils se chargeront à leur tour d’enseigner aux plus jeunes. Ce genre de formation par transmission fonctionne bien. Ce n’est pas, bien sûr,  un moyen de fuir ses obligations, mais plutôt de déléguer pour que le processus d’apprentissage circule d’une personne à l’autre… Se sentir “mentor” est motivant. Et qui est le meilleur enseignant, coach et consultant de la famille ? Les mères, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Ce sont elles qui apprennent comment faire les lacets des fameuses baskets à crampons  avec lesquelles leur fils était convaincu qu’il marquerait plus de buts. Elles qui montrent à leur fille adolescente qu’étudier avec sérieux portera ses fruits. Elles encore qui, aujourd’hui, continuent à répondre, inlassablement et avec amour, au téléphone quand leur fille, nouvellement mariée, appelle pour demander une recette ou de l’aide pour ses enfants. Vraiment, en tant que professeur émérite, les mères remportent toutes les médailles possibles.

6. Ne jamais licencier

« La maison est le seul endroit où il n’y aura jamais de plan de licenciement. Profitez-en ! » En effet, la porte d’une mère est toujours ouverte. On sait, de la Vierge Marie, que son cœur est toujours prêt et les mères s’efforcent de lui ressembler, elle qui a su, un jour, dire « oui  » au Seigneur. Les mères de famille font confiance, et cela fait d’elles de bonnes épouses, d’excellentes mères et des femmes magnifiques. Qui peuvent être fières d’être à la tête de la plus belle des entreprises : leur famille!

 Aleteia,Sofia Gonzalo | 10 avril 2017

lundi 10 avril 2017

Une triple éducation à donner : un bon sujet pour nos Chantiers Education!


Pie XII, allocution aux mères de familles

Étudiez l’enfant dans son jeune âge. Si vous le connaissez bien, vous l’éduquerez bien : vous ne prendrez pas sa nature à rebours, de travers ; vous saurez le comprendre, ne pas céder mal à propos.

Éduquez l’intelligence de vos enfants. Ne leur donnez pas des idées fausses ni de fausses raisons des choses ; ne répondez pas à leurs questions, quelles qu’elles soient, avec des badinages ou avec des affirmations menteuses, auxquelles leur esprit se rend rarement ; mais profitez de ces interrogations pour diriger et soutenir, avec patience et amour, leur esprit qui ne désire pas autre chose que s’ouvrir à la possession de la vérité et apprendre à la conquérir avec la marche encore naïve du premier raisonnement et de la réflexion à leurs débuts. Qui saura jamais dire tout ce que tant de magnifiques intelligences humaines doivent à ces lointaines et confiantes questions et réponses de l’enfance, échangées au foyer domestique ?
Éduquez leur caractère : atténuez-en ou corrigez-en les défauts. Faites grandir, cultivez les bonnes qualités, et rattachez-les à cette fermeté qui prélude à la solidité des résolutions dans le cours de la vie. En grandissant, les enfants qui sentent une volonté paternelle et maternelle bonne, dédaigneuse de violence et de colère, constante et forte, exempte de faiblesse et d’incohérences, apprendront de bonne heure à voir en elle l’interprète d’une volonté plus haute, celle de Dieu, et de cette façon, inscriront et enracineront dans leur âme ces premières puissances habituelles morales qui forment et soutiennent un caractère, prompt à se dominer dans les incommodités et les contrariétés les plus diverses, intrépide à ne reculer ni devant la lutte, ni en face du sacrifice, pénétré d’un profond sentiment du devoir chrétien.
Éduquez leur cœur. Quels destins, quelles dépravations, quels périls préparent trop souvent, dans le cœur des enfants qui grandissent, les admirations béates et les louanges, les sollicitudes imprudentes, les fades condescendances de parents aveuglés par un amour mal compris, qui habituent ces petits cœurs volages à voir toute chose se mouvoir et graviter autour d’eux, se soumettre à leurs volontés et à leurs caprices, et greffer ainsi en eux la racine d’un égoïsme effréné, dont les parents eux-mêmes seront plus tard les premières victimes !

Que de profondes et puissantes capacités d’affection, de bonté et de dévouement, ou d’obéissance, dorment dans le cœur du petit enfant ! Vous, ô mères, vous les éveillerez, les cultiverez, les dirigerez, les élèverez vers ceux qui doivent les sanctifier, vers Jésus, vers Marie.

ALLONS VOTER – Un collectif se mobilise contre l’abstention chez les expatriés

Qu’est-ce qui empêche les Français résidant à l’étranger d’aller voter massivement ? Peut-être un manque d’information ? Dans l’espoir de susciter un réflexe civique, un collectif d’une trentaine de jeunes Français expatriés bénévoles a mis en place en un temps record la plateforme "Allons voter" pour décider leurs concitoyens à mettre un bulletin dans l’urne. 
"L'adulte ne croit pas au père Noël. Il vote."
 La citation de Pierre Desproges est largement mise en avant sur le site Allonsvoter.org. A l’origine de l’initiative, c’est bien la forte abstention qui touche traditionnellement les Français de l’étranger. « La participation était de 42% pour la Présidentielle de 2012, contre 80% en France. On s’est demandé comment faire pour aider les expatriés à voter », explique Claire Foulquier-Gazagnes.

A partir d’échanges sur la plateforme collaborative slack, à propos des élections, une dynamique s’est mise en route : « Une trentaine de personnes environ a souhaité agir. On a en commun d’avoir entre 25 et 35 ans, de vivre à l’étranger et d’être tous en en lien avec l’écosystème numérique, dans des startups ou de grands acteurs comme Google ou Ubisoft. Plusieurs personnes ne savaient pas comment voter. On a décidé de monter un site d’information. Comme nous sommes des geeks, on a eu une approche pragmatique, on voulait une interface simple, avec une expérience utilisateur fluide. Chacun a participé selon ses compétences. Ce sont deux femmes qui ont codé. On a fait un gros travail sur les données, pour recenser tous les bureaux de votes, les horaires des consulats…  L’initiative est accueillie avec bienveillance du côté du ministère des Affaires étrangères et du développement international. « Il n’y avait pas de base ouverte recensant tous les consulats par exemple, ou les horaires pendant lesquels il est possible de venir faire une procuration. Nous avons dû jongler entre les différents sites administratifs pour agréger toutes les informations utiles. Notre travail pourra être reversé sur Data.gouv.fr. ».
Une belle histoire
Au bout de deux ou trois semaines de développement, le site est donc opérationnel, et progressivement touche de plus en plus d’expatriés. « Les démarches à effectuer sont clarifiées et de nombreux utilisateurs nous disent avoir compris. Le vote est parfois empêché par des contraintes matérielles, on propose des solutions ». Des événements voient le jour en Europe ou en Amérique du Nord principalement, dans les consulats, où des volontaires se mobilisent pour informer et sensibiliser aux procurations. Des partenariats se mettent aussi en place avec des boulangeries sur le thème « un croissant, une procu ».  « Si l’on en croit la localisation de nos relais sur les réseaux sociaux, on pense avoir déjà atteint environ 100.000 Français de l’étranger » s’enthousiasme Claire Foulquier-Gazagnes. Le site doit encore être plus précis : « on fait beaucoup d’efforts pour parvenir à recenser toutes les tournées consulaires à venir pour recueillir les procurations. »

Y a-t-il une volonté politique derrière ce site ? « Aucunement, répond Claire. Dès le départ dans le groupe, il y avait de nombreuses opinions différentes. Le point clé, c’était de faire un effort civique. C’est juste une belle histoire, avec des jeunes gens autour du monde qui souhaitent apporter leur petite pierre à l’édifice. »
MPP (www.lepetitjournal.com) jeudi 6 avril 201